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Les lucites : tout comprendre et comment prévenir ces allergies au soleil ?

Par notre Dermatologue Dr Nadine Pomarède | Mis à jour le 10 septembre 2025 | Dermatologie

L’exposition solaire peut s’accompagner de lucites, communément appelées allergies au soleil mais qui regroupent en fait différentes affections, dont la plus fréquente est la lucite estivale bénigne.

La saison estivale est une période où la peau est mise à rude épreuve. Entre les brûlures, les lentigos solaires ou les signes de vieillissement cutané, les journées passées au soleil affectent l’ épiderme et le derme. Cet été, comment éviter les effets négatifs du soleil sur votre visage et votre corps, notamment si l’on souffre de lucite estivale,?

Qu’est-ce que la lucite estivale bénigne ?

La lucite estivale bénigne est la plus fréquente des allergies au soleil, et concerne environ 10 % de la population adulte, essentiellement des femmes jeunes. Elle se manifeste 12 à 24 heures après les premières expositions solaires, lors du « bain de soleil ». Elle se traduit par un granité rouge, sous la peau, qui peut évoquer une urticaire, et s’accompagne d’un prurit important. La localisation de la lucite estivale bénigne épargne le visage et est surtout localisée sur des zones non régulièrement exposées telles que le décolleté́ et les membres supérieurs et inférieurs. L’éruption diminue progressivement en une dizaine de jours mais récidive chaque année dès les premiers bains de soleil. Il existe des formes familiales.

L’éruption est déclenchée par l’exposition aux UVA long, c’est pourquoi elle peut également être déclenchée par les UVA des cabines de bronzage.

Quelles sont les autres formes d’allergie au soleil ?

Il existe d’autres formes d’allergies au soleil qu’on appelle des photodermatoses. Ellesregroupent plusieurs affections cutanées déclenchées par l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) ou, dans de rares cas, à la lumière visible.

La lucite polymorphe

Cette forme d’allergie solaire est plus rare que la lucite estivale bénigne mais plus sévère queet touche surtout des personnes jeunes,particulièrement sensibles aux UVA, UVB et à la lumière visible. La lucite polymorphe apparait après des expositions parfois mineures, dès le printemps. Chronique et récidivante, la lucite polymorphe apparaît sous forme de lésions cutanées variées (papules, plaques, vésicules) sur la peau exposée avec des démangeaisons fréquentes, d’intensité variable. Dans ce cas précis, les symptômes peuvent persister plus longtemps et apparaître même après une exposition modérée.

L’urticaire solaire

Plus rare mais commune chez les personnes souffrant d’autres allergies ou d’une hypersensibilité immunitaire, l’urticaire solaire se déclenche immédiatement après une exposition solaire courte (15 minutes) en réaction aux UV. On reconnaît l’urticaire solaire à ses plaques rouges, gonflées et prurigineuses, similaires à une urticaire classique, qui apparaissent dans les minutes suivant l’exposition au soleil. Heureusement, les lésions disparaissent en quelques heures si l’exposition cesse.

La photodermatose printanière juvénile

Il s’agit d’une forme d’allergie qui touche principalement les enfants et les adolescents, en particulier les garçons. Elle se manifeste surtout lors d’une exposition soalire par temps froid ( sports d’hiver par exemple), quelques heures après l’exposition au soleil avec l’apparition de papules(petits boutons rouges ou roses) ou de plaques prurigineuses notamment sur les bords externes des oreilles et parfois sur le visage ou le cou. Les lésions disparaissent spontanément en 1 à 2 semaines si l’exposition au soleil est évitée.

Cette allergie s’explique par une réaction anormale de la peau aux rayons ultraviolets mais elle est souvent associée à une prédisposition génétique ou à une peau sensible comme les phototypes clairs et qui tend à diminuer avec l’âge pour disparaître à l’âge adulte.

La photosensibilité

Cette allergie solaire touche les personnes qui suivent un traitement médicamenteux à base d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires ou de diurétiques. L’interaction entre un médicament et les UV provoquent 24 à 48 heures après l’exposition, une réaction photoallergique (éruption eczémateuse ou urticarienne) ou bien une réaction phototoxique avec des brûlures, des rougeurs ou des cloques qui font penser un coup de soleil.

Quelles sont les causes et facteurs de risque de l’allergie au soleil ?

Les allergies au soleil font partie des photodermatoses, et sont induites par une sensibilité particulière aux rayons ultraviolets (UVA principalement) du soleil. Les UVA pénètrent profondément dans la peau et sont responsables du vieillissement prématuré de la peau. Les UVA représentent 95% des UV qui atteignent notre peau (contre 5% pour les UVB).

Contrairement à un coup de soleil, elle n’est pas liée à une exposition solaire excessive mais à une réaction allergique ou photoallergique causée par une exposition soudaine, certains médicaments, des produits cosmétiques photosensibilisants ou une prédisposition génétique.

Comment diagnostiquer une allergie au soleil ?

Pour savoir comment détecter les causes des allergies cutanées, seul un rendez-vous chez le dermatologue permet d’identifier le type exact de photodermatose dont vous souffrez. Par définition l’allergie au soleil ne se manifeste que s’il y a eu exposition, parfois de peu de temps et parfois non volontaire : il ne faut pas oublier que les UVA passent à travers une vitre.

Les différents types d’éruptions cutanées photosensibles concernent principalement les zones cutanées exposées aux UV. Elles peuvent être classées en quatre groupes : les photodermatoses impliquant un mécanisme immunologique, la photosensibilité induite par les produits chimiques et les médicaments, les maladies génétiques et les dermatoses aggravées par les expositions solaires.

Parfois, il peut être nécessaire de pratiquer des phototests ou photopatch tests, des tests épicutanés en plus de l’examen clinique et des circonstances d’apparition de la lucite.  Le diagnostic posé, le dermatologue propose un traitement curatif et/ou préventif pour éviter la récidive de l’allergie solaire.

Traitements et soulagement des symptômes

Il faut distinguer le traitement préventif du traitement des symptômes.

En première intention, le dermatologue aide à prévenir l’allergie solaire. La protection solaire est essentielle dans la prévention des photodermatoses.  La première mesure est de limiter l’exposition dans les premiers jours et d’appliquer un SPF 50+ toutes les deux heures ou après une baignade, en particulier sur les zones sur lesquelles se déclenche l’éruption.

La projection vestimentaire est aussi préconisée : le chapeau et des vêtements protecteurs certifiés UPF (Ultraviolet Protection Factor) tout en prenant garde d’éviter les heures de fort ensoleillement entre 12h et 16h.

Les lucites ont tendance à récidiver chaque année. Votre dermatologue peut donc vous proposer en amont des expositions solaires un traitement préventif.

Tout d’abord, la prise de compléments alimentaires contenant des caroténoïdes, associés à d’autres anti-oxydants tels que vitamine A, C, E, omégas 3, 5 alpha réductase, est recommandée au moins 3 semaines avant l’exposition solaire en cas de lucite estivale bénigne, la prise de compléments alimentaires doit être poursuivie pendant toute la durée de l’exposition solaire.

En cas d’échec, la prescription d’anti paludéens de synthèse, Plaquenil® doit être débutée 1 semaines avant le départ au soleil et continué pendant toute la durée du séjour.

L’autre traitement préventif pour les allergies au soleil, en particulier pour les cas récurrents de lucite polymorphe et d’urticaire solaire : une photothérapie UVB à bande étroite ou PUVA (psoralène + UVA) peut être réalisée sous supervision dermatologique avant la saison estivale. Cette méthode expose la peau à des doses contrôlées d’UV pour augmenter sa tolérance.

Lorsque l’allergie solaire est déclarée, le traitement symptomatique consiste à diminuer la sensation de brûlure avec l’application de dermocorticoïdes locaux de niveau modéré à fort et de crème apaisante. Une prescription par voie orale d’antihistaminiques réduit les démangeaisons. Et l’éviction solaire est la règle en attendant que les symptômes disparaissent.

Les affections qui sont aggravées par l’exposition solaire

L’exposition solaire peut aggraver certaines maladies ou induire des poussées de celles-ci. C’est le cas du lupus érythémateux avec l’apparition de placards rouges sur le visage. Les premières expositions au soleil peuvent déclencher une poussée d’l’herpès labial. La porphyrie cutanée tardive se traduit par des gonflements, des démangeaisons et des rougeurs.  

Lorsque l’on présente une pathologie qui s’aggrave en été, il est essentiel d’apprendre à bien se protéger, grâce aux vêtements mais aussi en ré appliquant très régulièrement la protection solaire UVA/UVB toutes les deux heures, et bien entendu préférer l’ombre dès que cela est possible.

Sources:

https://escholarship.org/uc/item/1rx7d228

https://www.sfdermato.org/media/pdf/mini-site/lucites-idiopathiques-de-l-enfant-1a02b7bc180e3f87bee1c5e407497a4a.pdf

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29951786/


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