La chute de cheveux brutale, ou alopécie aiguë, est gênante tant sur le plan esthétique que psychologique. Un phénomène qui nécessite une consultation approfondie pour en identifier les causes et déterminer le traitement adéquat.
Même si une chute de cheveux n’est pas forcément synonyme d’une pathologie grave, elle doit être malgré tout prise au sérieux en consultant un dermatologue. Mais pour diagnostiquer la cause sous-jacente de cette perte capillaire et administrer le traitement adapté, le médecin peut demander un bilan médical complet.
Pourquoi réaliser un bilan médical en cas de chute de cheveux ?
La première étape du bilan de santé passe par une consultation médicale avec le dermatologue. Lors de cette consultation, il examine l’état du cuir chevelu pour rechercher des signes de maladies de la peau ou d’infections, et évaluer la densité capillaire. D’où l’importance d’un interrogatoire médical pour en comprendre les origines :
- Est-ce que la chute de cheveux a été brusque ou progressive ?
- La perte est-elle diffuse (sur l’ensemble du cuir chevelu) ou localisée ?
- Le patient présente-t-il des antécédents familiaux de calvitie, des troubles hormonaux ou d’autres pathologies médicales ?
- Le stress, l’alimentation, l’utilisation de produits capillaires agressifs ou des traitements médicamenteux sont également des facteurs à explorer.
Les causes fréquentes de la chute de cheveux
La chute de cheveux, ou alopécie, peut être causée par une variété de facteurs. Certaines causes sont temporaires, tandis que d’autres peuvent être chroniques ou permanentes. D’où l’importance d’un interrogatoire médical pour en comprendre les origines.
1. Alopécie androgénétique (calvitie commune)
L’alopécie androgénétique, une chute de cheveux programmée génétiquement affecte généralement les hommes, mais aussi les femmes, surtout après la ménopause. Elle est liée à la sensibilité des follicules pileux du dessus du crâne et des golfes temporaux à la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone, qui raccourcit la phase anagène (croissance des cheveux) et provoque leur miniaturisation. Chez les hommes, elle se manifeste souvent par une perte de cheveux sur le cuir chevelu, tandis que chez les femmes, elle se signale par une raie médiane plus visible et un un affinement diffus sur le sommet du crâne.
2. Carences nutritionnelles
Une alimentation déséquilibrée ou un régime restrictif peuvent entraîner des carences en nutriments essentiels pour la santé capillaire.
- Le fer intervient dans la structure de la protéine essentielle du cheveu, la kératine. Une carence en fer et notamment en réserve en fer, la ferritine, cause une chute de cheveux importante ; à rechercher systématiquement chez les femmes présentant des règles abondantes ou les personnes ayant une alimentation pauvre en fer.
- Les vitamines du groupe B (notamment la biotine et la vitamine B12) interviennent sur la pousse du cheveu et la fabrication de la kératine.
- Les acides aminés : le composant majeur du cheveu, la kératine, est une combinaison de 18 acides aminés dont les plus connus sont la cystéine. La kératine confère au cheveu sa remarquable solidité.
- Besoins en acides gras : les lipides entrent pour 3 % dans la composition du
- Besoins en oligoéléments, notamment le soufre et le zinc.
- La carence en vitamine D peut être associée à une alopécie, car elle influence le cycle de croissance des cheveux.
3. Stress et troubles émotionnels
Le stress physique ou émotionnel peut provoquer une chute de cheveux aigue, notamment sous la forme d’un effluvium télogène. Ce phénomène survient généralement 3 à 6 mois après un événement stressant, comme un choc affectif, une maladie grave, une séparation ou une opération chirurgicale. La chute de cheveux est généralement réversible, mais nécessite un suivi médical.
4. Traitements médicaux
La chute de cheveux peut être un effet secondaire à la prise de certains médicaments. En premier lieu, les chimiothérapies provoquent une perte temporaire et généralisée à cause de leur action sur les cellules des bulbes pileux. D’autres médicaments tels que les anticoagulants, certains antidépresseurs, comme les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ou encore les traitements anti-acnéiques comme l’isotrétinoïne, réservée pour traiter l’acné sévère sont susceptibles d’induire une chute de cheveux.
5. Troubles du cuir chevelu
Les infections fongiques comme la teigne et bactériennes comme le staphylocoque peuvent endommager les follicules pileux et provoquer une perte de cheveux localisée et des signes de desquamation et d’inflammation au niveau du cuir chevelu En revanche, une pathologie telle que le psoriasis peut induire un épaissement de la peau du cuir chevelu plus ou moins localisées mais ne perturbe pas la pousse des cheveux.
6. Maladies auto-immunes
Lors de certaines maladies auto-immunes, le système immunitaire attaque par erreur les follicules pileux, entraînant une perte de cheveux. L’alopécie areata (la pelade) est la forme la plus connue et se caractérise par une perte de cheveux localisée en plaques. Cette condition peut parfois évoluer vers une alopécie totale (perte de tous les cheveux du cuir chevelu) ou universelle (perte des cheveux et des poils sur tout le corps).
Les pathologies auto-immunes de la thyroïde, maladie de Basedow ou thyroïdite de Hashimoto, ont également des répercussions sur la chevelure (chute et cheveux fins et secs).
7. Facteurs environnementaux
L’exposition à la pollution, aux produits chimiques et à la chaleur excessive peut fragiliser les cheveux et accélérer leur chute tout comme l’utilisation excessive de produits capillaires agressifs (colorations, permanentes, défrisages) et l’usage régulier de sèche-cheveux, de lisseurs et autres fers à friser.
8. Âge
Le cheveu vieillit aussi. En cause, des facteurs génétiques qui influencent sur le moment et l’intensité du vieillissement capillaire, mais aussi les modifications hormonales de la ménopause avec la diminution des œstrogènes et l’augmentation relative des androgènes. Après 60 ans, on estime que 80 % des femmes se plaignent d’une diminution de la densité de leur chevelure ; on parle même d’effluvium télogène, avec présence de cheveux plus fins et fragiles de manière permanente. Une sécheresse accrue et l’augmentation des cheveux gris.
Comment les hormones influencent-elles la santé des cheveux ?
Les déséquilibres hormonaux sont fréquents chez les femmes tout au long de leur vie et leurs variations impactent la peau et la santé capillaire.Pour appréhender le lien entre les hormones et la chute des cheveux, il faut comprendre le cycle de vie du cheveu. Il y a tout d’abord la phase anagène (croissance) favorisée par les oestrogènes, la phase catagène (repos) puis la phase télogène (chute). Si le taux d’oestrogène dégringole, la phase télogène prend de l’ampleur et les cheveux tombent en masse.
Ainsi, après l’accouchement, une chute de cheveux (effluvium télogène) peut survenir suite à la baisse brutale des hormones très élevées durant la grossesse. Pendant la ménopause, la baisse des niveaux d’œstrogènes et de progestérone entraîne souvent une réduction de la densité capillaire. Autre exemple du lien hormone et cheveux, les femmes avec des taux excessifs d’androgènes peuvent développer une alopécie au niveau du crâne et de la raie médiane du type alopécie androgéno génétqiue
Les troubles thyroïdiens comme l’hypothyroïdie ou l’hyperthyroïdie peuvent également entraîner une perte de cheveux diffuse, avec des cheveux secs et fins, car les hormones thyroïdiennes influencent le cycle de croissance des cheveux. Enfin, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) provoque des déséquilibres hormonaux qui peuvent induire une alopécie andro-génétique chez les femmes.
Quels examens pour un bilan hormonal en cas de chute de cheveux ?
Devant toute chute de cheveux qui dure, le dermatologue complète l’examen clinique, d’un bilan biologique pour éliminer certaines pathologies : un problème de thyroïde, un SOPK, et un dosage de la ferritine, c’est-à-dire les réserves en fer. Quel bilan hormonal pour la chute de cheveux ?
Test de la thyroïde (TSH, T3, T4)
Chez les femmes, une évaluation des hormones thyroïdiennes (TSH, T3, T4) est cruciale pour exclure des troubles de la thyroïde, souvent responsables de la chute de cheveux. Les dosages hormonaux peuvent être mesurés par un test sanguin.
Test des hormones sexuelles (testostérone, œstrogènes, progestérone)
Le bilan sanguin pour la chute de cheveux comprend également un bilan endocrinien qui peut révéler un déséquilibre hormonal des niveaux de la testostérone ou d’œstrogènes, principaux responsables de l’alopécie.
Test des hormones du stress (cortisol)
Pour mesurer les effets du stress chronique sur la santé capillaire, il est également possible d’évaluer le niveau de cortisol par le biais d’un test sanguin, salivaire, urinaire ou en prélevant un échantillon de cheveux.
Test de la prolactine
Plus connue pour stimuler la lactation après l’accouchement, la prolactine joue également un rôle dans le cycle du cheveu. Pour détecter une hyperprolactinémie, une prise de sang est nécessaire.
Bilan sanguin général (carences, fer, vitamine D)
Pour avoir une vision plus globale de la santé capillaire, le médecin peut également demander unenumération formule sanguine (NFS), un dosage de la ferritine pour dépister des anomalies telles que l’anémie, cause sous-jacente de la chute de cheveux. Il peut également vérifier les taux de vitamines D, B8, B12 et de minéraux comme le zinc et le fer dans le sang.
Quand consulter son dermatologue pour un bilan hormonal et une analyse du cuir chevelu ?
La chute de cheveux peut avoir des causes multiples. Lorsqu’elle est soudaine ou excessive, il est important de consulter rapidement un dermatologue pour une prise en charge précoce. Il pourra identifier l’origine de la perte de cheveux, déterminer le traitement adapté et limiter les effets à long terme sur la densité capillaire.