Dans les jours qui suivent la réalisation d’un tatouage, une inflammation de la peau est tout à fait normale. En revanche, il est important de surveiller certains signes qui pourraient révéler une infection à soigner, afin de préserver la santé de la peau et éviter des complications graves.
Les symptômes courants d’une infection après un tatouage
Après la réalisation d’un tatouage, le processus inflammatoire normal se traduit par une rougeur, une chaleur localisée et un gonflement léger. L’évolution normale est une diminution rapide de ces signes. La peau pèle sans suintement anormal.
Un tatouage correspond à une effraction de la peau qui la rend plus perméable aux infections. Une infection après un tatouage est une complication qui survient lorsque des bactéries, virus ou champignons pénètrent la peau pendant ou après le processus de tatouage. Elle peut également apparaître en raison d’un matériel non stérile ou de soins post-tatouage insuffisants. Même si cette complication est rare, certains symptômes sont à surveiller :
Rougeur excessive et persistante
Une inflammation normale (due à la blessure initiale) s’atténue en 2-3 jours. En cas d’infection, la vasodilatation persiste à cause de la prolifération bactérienne et de la libération continue de cytokines pro-inflammatoires. La rougeur s’étend au-delà de la zone tatouée, reste intense après 48 heures ou s’aggrave rapidement.
Oedème
Les pathogènes déclenchent une réponse immunitaire, augmentant la perméabilité des capillaires et l’accumulation de liquide dans les tissus. La peau autour du tatouage est boursouflée, tendue ou chaude au toucher, au-delà de l’enflure légère attendue.
Sensibilité anormale
Les terminaisons nerveuses sont stimulées par l’inflammation et les toxines bactériennes. Une douleur pulsatile ou constante s’intensifie après les premiers jours au lieu de diminuer comme dans une cicatrisation normale.
Chaleur locale
L’augmentation du flux sanguin et le métabolisme accru des cellules immunitaires qui combattent l’infection élèvent la température locale. La zone tatouée est nettement plus chaude que le reste de la peau, détectable au toucher.
Pus ou écoulement
Les globules blancs combattent l’infection, avec la formation de pus, un mélange de cellules mortes, agents infectieux et liquide inflammatoire. On constate alors l’apparition d’un liquide jaunâtre, verdâtre ou malodorant qui s’écoule du tatouage, parfois accompagné de croûtes épaisses ou persistantes.
Fièvre ou frissons
Si l’infection se propage au-delà de la peau, le corps libère des pyrogènes qui agissent sur l’hypothalamus pour augmenter la température corporelle au-delà de 38 °C, avec des frissons ou une sensation de malaise général, indiquant une infection systémique.
Stries rouges
Les bactéries peuvent migrer via les vaisseaux lymphatiques, provoquant une inflammation visible le long de leur trajet ; des lignes rouges partant du tatouage vers les ganglions lymphatiques proches comme l’aisselle ou l’aine, signalent une propagation de l’infection.
Odeur inhabituelle
Certaines bactéries anaérobies produisent des composés volatils malodorants émanant de la zone tatouée, souvent associée à un écoulement.
Comment traiter un tatouage infecté ?
Une prise en charge rapide permet d’éviter les complications, à savoir une cicatrice inesthétique voire une nécrose ou une propagation de l’infection.
Dès les premiers signes d’une inflammation suspecte ou d’une infection, qui se traduisent par une extension de la rougeur, de la douleur, d’une augmentation locale de chaleur, et/ou d’un suintement, un nettoyage rigoureux de la zone s’impose. Il doit être biquotidien avec du sérum physiologique, et un séchage délicat. En cas de suintement, l’application d’un pansement hydro colloïde permet d’absorber les sécrétions excessives et de favoriser la cicatrisation.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Si les symptômes ne s’améliorent pas en 24-48 heures malgré des soins locaux d’aseptie, il est nécessaire de consulter un médecin.
Les soins sur un tatouage infecté dépendent de l’importance des signes et d’une éventuelle pathologie associée comme un diabète ou un terrain immuno- déprimé qui peuvent faire flamber n’importe quelle infection.
Les soins locaux sont primordiaux. Après un nettoyage soigneux avec du sérum physiologique et un séchage de la zone, l’application d’un antibiotique local peut être discuté. Un traitement antibiotique par voie orale est nécessaire si une extension des signes au-delà du tatouage fait craindre une diffusion de l’infection. Une amélioration des signes doit survenir en 48 heures avec un traitement adapté.
Certaines recommandations sont à suivre : éviter les frottements, l’exposition solaire du tatouage et éviter de se gratter, tout en veillant à maintenir une bonne hygiène pour éviter les infections.
Quand envisager un détatouage ?
Après une infection, le tatouage peut être déformé ou partiellement effacé. Un détatouage laser permet d’éliminer l’encre résiduelle sur une zone devenue inesthétique ou de préparer la peau à une éventuelle retouche ou couverture si la cicatrice le permet.
Avant de consulter pour un détatouage rapide sans cicatrice, il faut d’abord que le médecin traite l’infection. Le dermatologue ne pourra proposer un détatouage qu’une fois l’infection totalement résolue. Il faut ensuite patienter 3 à 6 mois minimum après guérison pour envisager un détatouage au laser.
En effet, le traitement par le laser PicoWay ne peut être appliqué que sur une peau parfaitement cicatrisée. C’est-à-dire une peau présentant un épiderme intact, sans rougeur ou sensibilité afin de supporter l’énergie du laser.