Swan™, le robot qui cartographie la peau pour dépister mélanomes et cancers cutanés
Selon Santé publique France, entre 141 200 et 243 500 cancers de la peau sont diagnostiqués chaque année en France, tous types confondus. D’après les données de l’Institut national du cancer, c’est l’un des cancers dont l’incidence a le plus augmenté depuis 1990. Face à ce constat, le dépistage précoce demeure l’outil le plus efficace : plus une lésion cutanée est repérée tôt, plus les chances de guérison sont élevées. C’est dans cette logique que nos Centres s’équipent de Swan™, premier robot au monde capable de cartographier l’intégralité de la surface cutanée d’un patient en quelques minutes seulement, à très haute résolution. Cette innovation ne se substitue pas au regard du dermatologue : elle le prolonge, en lui fournissant une image complète, reproductible et exploitable par l’intelligence artificielle. Cet article présente le contexte épidémiologique des cancers de la peau, le déroulé concret d’un examen avec Swan™, ses bénéfices cliniques, et répond aux questions les plus fréquentes.
Les cancers de la peau, une réalité à ne pas sous-estimer
Des chiffres qui appellent à la vigilance
Les cancers cutanés regroupent plusieurs maladies distinctes, de fréquence et de gravité très différentes. Selon Santé publique France, plus de 85 % des cas sont attribuables à une exposition excessive aux rayonnements ultraviolets (UV), qu’ils soient d’origine solaire ou artificielle (cabines de bronzage). Les carcinomes, qui se développent à partir des kératinocytes de l’épiderme, représentent à eux seuls environ 90 % des cancers cutanés diagnostiqués ; on distingue le carcinome basocellulaire, le plus fréquent, à malignité strictement locale, et le carcinome épidermoïde, plus rare mais susceptible de métastaser en l’absence de traitement. Le mélanome, qui se développe à partir des mélanocyctes, ne représente qu’environ 10 % des cancers de la peau, mais il s’agit de la forme la plus agressive : l’Institut National du Cancer estime à 17 922 le nombre de nouveaux cas de mélanome cutané en France en 2023, dont 9 109 chez l’homme et 8 813 chez la femme. Le mélanome cutané chez l’homme fait partie des cancers dont le taux d’incidence a le plus progressé depuis 1990. La mortalité, en revanche, tend à diminuer grâce, notamment, aux progrès du diagnostic précoce et des traitements : environ 1 920 décès ont été recensés en 2021. Toujours d’après l’Institut national du cancer, une personne sur 70 sera confrontée à un mélanome au cours de sa vie.
Le saviez-vous ? D’après l’Assurance Maladie et l’Institut national du cancer, dans 70 à 80 % des cas, un mélanome apparaît sur une peau saine, sans lien avec un grain de beauté préexistant. Dans les 20 à 30 % de cas restants, il résulte de la transformation d’un naevus déjà présent — d’où l’intérêt d’une surveillance régulière de l’ensemble des grains de beauté, et pas seulement des plus visibles.
Mélanome, carcinome, kératose actinique : de quoi parle-t-on exactement ?
Pour comprendre les enjeux du dépistage, il est utile de définir précisément les lésions recherchées.
Le mélanome est une tumeur maligne qui se développe à partir des mélanocytes, les cellules de l’épiderme responsables de la fabrication de la mélanine, le pigment qui colore la peau. Sous l’effet de mutations, ces cellules se multiplient de façon anarchique et forment une tumeur capable, en l’absence de traitement, de disséminer vers d’autres organes (métastases). C’est la forme la plus rare mais la plus grave des cancers cutanés ; détecté à un stade précoce, il se guérit toutefois dans la grande majorité des cas.
Le carcinome cutané est une tumeur maligne qui se développe à partir des kératinocytes, les cellules majoritaires de l’épiderme. On distingue le carcinome basocellulaire, à malignité locale, qui ne métastase pas mais peut être localement destructeur s’il n’est pas traité, et le carcinome épidermoïde (ou spinocellulaire), plus rare, qui peut envahir les tissus voisins et, plus rarement, donner des métastases à distance. Les carcinomes surviennent le plus souvent après 50 ans, sur les zones les plus exposées au soleil : visage, cuir chevelu, cou, avant-bras et mains.
La kératose actinique est une lésion précancéreuse de la peau, liée à des années d’exposition cumulée aux ultraviolets. Elle se manifeste par de petites plaques rugueuses, rosées ou brunâtres, recouvertes d’une croûte qui tombe puis se reforme, car la peau abîmée n’arrive plus à se renouveler normalement. Elle constitue le stade le plus précoce, identifiable cliniquement, de développement d’un carcinome épidermoïde : une revue publiée en janvier 2025 dans Frontiers in Immunology montre que 82 % des carcinomes épidermoïdes cutanés se développent à partir d’une kératose actinique préexistante. Selon les données colligées par la National Library of Medicine (StatPearls), le risque moyen qu’une kératose actinique donnée dégénère est d’environ 8 % chez un patient immunocompétent, avec une variation individuelle de 0,025 % à 16 % selon les études. Le risque annuel par lésion isolée reste, lui, très faible ; c’est la présence de nombreuses lésions sur une même zone exposée au soleil qui augmente le risque cumulé dans le temps. C’est pourquoi ces lésions sont systématiquement traitées dès leur repérage, le plus souvent par cryothérapie (azote liquide) ou par photothérapie dynamique lorsqu’elles sont nombreuses.
Pour un panorama complet des différents cancers de la peau, de leurs facteurs de risque et du déroulé classique d’un dépistage, retrouvez notre article dédié au dépistage des cancers cutanés.
Swan™ : quand la haute technologie rencontre l’expertise du dermatologue
Qu’est-ce que Swan™ ?
Swan™ est le premier robot au monde capable de numériser et de cartographier, en quelques minutes, l’intégralité de la surface de la peau à très haute résolution. Sa conception repose sur un principe simple mais inédit : associer la puissance de l’imagerie et de l’intelligence artificielle à l’œil expert du dermatologue, qui reste seul décisionnaire du diagnostic et de la conduite à tenir. Swan™ n’est donc pas un outil de diagnostic automatisé, mais un dispositif d’aide à la détection, conçu pour donner au médecin une vision exhaustive, précise et reproductible de la peau du patient. Cette approche s’inscrit dans une tendance de fond de la dermatologie : le passage d’une intelligence artificielle capable d’analyser une lésion isolée à une intelligence artificielle capable d’évaluer l’ensemble du corps du patient. Selon une revue publiée en 2025 dans la revue scientifique Cancers, les systèmes d’IA les plus performants atteignent aujourd’hui une sensibilité de détection du mélanome d’environ 86 %, contre 65 % pour un clinicien généraliste non spécialisé. Une étude parue la même année dans npj Digital Medicine confirme que ces systèmes aident aussi à trier les lésions qui nécessitent réellement un examen approfondi, sans multiplier les examens inutiles.
Comment se déroule un examen de dépistage avec Swan™ ?
L’examen se déroule en quatre temps.
- Cartographie : Swan™ photographie l’intégralité de la surface cutanée du patient en quelques minutes, en lumière polarisée et à très haute résolution.
- Analyse assistée par IA : les images sont immédiatement traitées par un logiciel basé sur l’intelligence artificielle, qui les met à disposition du dermatologue sur son ordinateur.
- Lecture experte : le dermatologue examine les images, identifie les lésions qui méritent une attention particulière, puis confronte ces images à l’examen clinique direct du patient.
- Restitution et suivi : à l’issue de l’examen, le patient repart avec un compte rendu détaillé mentionnant les éventuelles lésions à surveiller, un rendez-vous pour une biopsie ou une exérèse si une lésion suspecte est identifiée, et une date pour le prochain dépistage, adaptée à son niveau de risque individuel.
Trois bénéfices concrets de la cartographie Swan™
La détection précoce des anomalies : en photographiant en lumière polarisée l’ensemble du corps, Swan™ réduit le risque qu’une lésion isolée, y compris dans une zone peu examinée par le patient comme le dos, par exemple.
La reproductibilité des images : les clichés pris lors de chaque cartographie sont standardisés et comparables d’un examen à l’autre. Le dermatologue peut ainsi suivre précisément l’évolution d’un grain de beauté dans le temps — un critère central de la règle ABCDE d’auto-surveillance — plutôt que de se fier uniquement à sa mémoire ou à des photographies prises dans des conditions différentes. Une revue systématique publiée dans le British Journal of Dermatology confirme l’intérêt de la photographie corporelle totale pour le suivi des lésions pigmentées à risque, en particulier chez les patients ayant de nombreux naevus. La Haute Autorité de Santé recommande d’ailleurs un suivi dermoscopique annuel pour les patients à risque intermédiaire ou élevé.
L’auto-surveillance facilitée, enfin : entre deux cartographies, le patient dispose d’un compte rendu illustré qui l’aide à repérer plus facilement un changement (nouvelle couleur, saignement, démangeaison) sur une lésion déjà répertoriée. Notre article sur les grains de beauté qui grattent détaille les situations qui doivent amener à consulter sans attendre le prochain rendez-vous programmé.
Le conseil du dermatologue : « La protection solaire, bien utilisée, évite les coups de soleil, mais protège aussi du vieillissement cutané, des taches pigmentaires et des dommages invisibles liés aux UVA. »
Trois bénéfices concrets de la cartographie Swan™
L’organisation de nos Centres a été pensée pour offrir une prise en charge rapide et complète de la peau, du dépistage au traitement :
- Un système de prise de rendez-vous rapide, pour ne pas repousser un dépistage.
- Un dépistage expert des cancers cutanés, réalisé avec Swan™.
- Une prise en charge accélérée en cas de lésion suspecte, sans délai d’attente prolongé entre le repérage et la confirmation diagnostique.
- Un traitement des tumeurs cutanées, y compris chirurgical, réalisé au sein même du Centre.
- Une équipe pluridisciplinaire réunissant dermatologues et chirurgiens, pour assurer la continuité des soins.
| Critère | Examen dermatologique standard | Cartographie Swan™ |
|---|---|---|
| Durée de l’acquisition d’images | Variable, lésion par lésion | Quelques minutes pour tout le corps |
| Couverture corporelle | Zones jugées prioritaires par le praticien | Intégralité de la surface cutanée |
| Reproductibilité d’un examen à l’autre | Dépend des conditions de prise de vue | Standardisée, images comparables |
| Aide à la décision | Œil et expérience du dermatologue | IA + œil et expérience du dermatologue |
| Décision diagnostique finale | Dermatologue | Dermatologue |
Idées reçues sur le dépistage des cancers de la peau
« Un robot peut poser le diagnostic à ma place. » Faux : Swan™ acquiert et met en forme les images, mais seul le dermatologue confronte ces données à l’examen clinique et pose le diagnostic.
« Le dépistage ne concerne que les peaux claires. » Faux : les phototypes clairs sont plus à risque, mais toute personne, quel que soit son phototype, peut développer un cancer cutané, en particulier en cas d’antécédents familiaux ou de grains de beauté nombreux ou de coups de soleil dans l’enfance et l’adolescence.
« Une cartographie suffit une fois dans sa vie. » Faux : c’est justement la répétition d’examens comparables dans le temps qui permet de repérer un changement significatif ; le rythme recommandé (annuel ou biennal) dépend du niveau de risque individuel.
Questions les plus fréquentes
Questions les plus fréquentes
[1] Santé publique France. Cancers de la peau [Internet]. Saint-Maurice : Santé publique France ; mis à jour le 13 juillet 2023. Disponible sur : https://www.santepubliquefrance.fr/cancers/cancers-de-la-peau
[2] Institut national du cancer. Panorama des cancers en France, édition 2024 [Internet]. Boulogne-Billancourt : INCa ; 2024.
[3] Institut national du cancer. Épidémiologie des cancers cutanés [Internet]. Boulogne-Billancourt : INCa. Disponible sur : https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Depistage-et-detection-precoce/Detection-precoce-des-cancers-de-la-peau/Epidemiologie
[4] Assurance Maladie (Ameli.fr). Carcinomes cutanés : définition et facteurs favorisants [Internet]. Paris : CNAM.
[5] Roche. Fiche information carcinome basocellulaire [Internet]. Boulogne-Billancourt : Roche France.
[6] Assurance Maladie (Ameli.fr). Mélanome de la peau : définition et facteurs favorisants [Internet]. Paris : CNAM. Disponible sur : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/definition-facteurs-favorisants
[7] Merck Sharp & Dohme. Kératoses actiniques. Dans : Le Manuel MSD, édition professionnelle [Internet]. Rahway (NJ) : MSD ; [consulté en 2026].
[8] Zhang G, et al. From actinic keratosis to cutaneous squamous cell carcinoma: the key pathogenesis and treatments. Front Immunol. 2025;16:1518633.
[9] Marques E, Chen TM. Actinic Keratosis. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing, National Library of Medicine ; mis à jour le 17 août 2023.
[10] Górecki S, Tatka A, Brusey J. Artificial Intelligence and New Technologies in Melanoma Diagnosis: A Narrative Review. Cancers. 2025;17(24):3896.
[11] Kurtansky NR, Gillis MC, Codella NCF, et al. Automated triage of cancer-suspicious skin lesions with 3D total-body photography. NPJ Digit Med. 2025;8:708.
[12] Ji-Xu A, Dinnes J, Matin RN. Total body photography for the diagnosis of cutaneous melanoma in adults: a systematic review and meta-analysis. Br J Dermatol. 2021;185(2):- 302–312.
[13] Haute Autorité de Santé. Stratégie de diagnostic précoce du mélanome — Recommandation en santé publique [Internet]. Saint-Denis : HAS.