PRENDRE RDV  

Comment savoir si mon tatouage cicatrise bien et que faire sinon ?

Par notre Dermatologue Dr Nadine Pomarède | Mis à jour le 2 juillet 2025 | Une belle peau

La réalisation d’un tatouage correspond à l’introduction dans la peau de pigments ou de colorants exogènes. Cela concernait en 2017, environ 17% de la population (1).

Dans les jours qui suivent, des conseils après le tatouage vous sont recommandés qui peuvent varier d’un tatoueur à l’autre mais les principes restent les mêmes.

 Les règles à respecter avant d’effectuer un tatouage

Avant même d’envisager de se tatouer, il faut respecter certaines précautions ou contre-indications médicales. La prise de certains médicaments comme l’isotrétinoïne contre-indique la réalisation d’un tatouage pendant le traitement du fait de la fragilité de l’épiderme. On attend 1 à 2 mois après l’arrêt du traitement avant un RDV.

La prudence est de mise si l’on présente un psoriasis ou un lichen ou un vitiligo car il est possible qu’une poussée inflammatoire survienne sur une zone indemne de lésions après un traumatisme mécanique tel qu’un tatouage ; c’est le phénomène de Koebner.

On ne réalise pas de tatouages sur un naevus car il sera difficile à surveiller.

En ce qui concerne les cicatrices, la possibilité de la réalisation d’un tatouage dépend de plusieurs facteurs (l’ancienneté de la cicatrice, le type de cicatrice, brûlure) et l’avis du médecin doit être demandé au préalable.

Comment se passe la cicatrisation d’un tatouage ?

Immédiatement après la séance de tatouage, la zone est nettoyée et désinfectée. Ensuite une couche de vaseline est appliquée avec un film plastique à conserver un ou plusieurs jours. Autre option, on applique un pansement qui absorbe les sécrétions pendant plusieurs jours. Enfin certains recommandent un lavage avec un savon doux deux fois par jour suivi de l’application d’une crème cicatrisante. (3)

Quelque soient les conseils préconisés, on évite les traumatises et les frottements sur le tatouage, l’eau chlorée ou salée et l’exposition solaire.

Après une séance de tatouage, la cicatrisation suit plusieurs mécanismes physiologiques découpés en 3 temps : la réponse inflammatoire, la régénération cellulaire et la réparation tissulaire. Pendant cette période, il faut rester vigilant et surveiller la peau pour éviter tout risque d’infection. Le délai normal de cicatrisation d’un tatouage est de 2 à 3 semaines.

Phase initiale : l’agression et l’inflammation (0 à 3 jours)

Le tatouage réalise une blessure mécanique qui déclenche une réponse inflammatoire immédiate et automatique.

Les cellules endommagées libèrent alors des cytokines et de l’histamine qui provoquent une vasodilatation (augmentation du flux sanguin) et une perméabilité accrue des capillaires.

Les globules blancs affluent pour éliminer les débris cellulaires et prévenir les infections. Cela explique la rougeur, le gonflement et parfois une légère douleur ressentie autour de la zone du tatouage.

Le sang et la lymphe coagulent en surface, formant une fine couche protectrice. L’encre, insoluble et trop grosse pour être détruite complètement par les macrophages (type de globules blancs), reste piégée dans le derme.

Phase de prolifération : régénération tissulaire (3 à 14 jours)

Après l’inflammation, le corps passe à la réparation active : les kératinocytes, cellules principales de l’épiderme, migrent depuis les bords de la plaie pour reformer une barrière cutanée. Ce processus s’appelle l’épithélialisation.

Dans le derme, les fibroblastes produisent du collagène, protéine essentielle à la solidité du tissu cicatriciel. Pendant cette phase, l’encre est progressivement encapsulée par ce réseau de collagène, ce qui la stabilise dans la peau. De nouveaux vaisseaux sanguins se forment pour apporter oxygène et nutriments à la blessure. Malgré les démangeaisons qui risquent de se produire, il est important de ne pas gratter la zone, au risque de perturber la fixation de l’encre et de retarder la guérison.

Phase de remodelage : maturation (2 semaines à plusieurs mois)

L’inflammation disparaît complètement, et la peau retrouve une apparence normale.

Cette phase, plus longue, affine la cicatrice et stabilise le tatouage. Le collagène initialement déposé de manière désorganisée est remodelé en fibres plus alignées, rendant la peau plus lisse et moins épaisse. À ce stade, la peau peut peler ou former des croûtes car l’épiderme mort est remplacé par une nouvelle couche

Les macrophages et autres cellules immunitaires qui ont tenté d’éliminer l’encre finissent par mourir ou rester en place, laissant les particules d’encre emprisonnées dans le derme. C’est cette permanence dans le derme, hors de portée du renouvellement constant de l’épiderme, qui rend le tatouage durable.

Comment favoriser une cicatrisation optimale pour un tatouage ?

Pour éviter une mauvaise cicatrisation, les soins après tatouage sont essentiels. Il est donc important de suivre les recommandations du tatoueur professionnel à la lettre comme appliquer un antiseptique et une crème cicatrisante ou encore laisser le tatouage à l’air libre. 

Il faut également faire preuve d’une hygiène irréprochable car une infection peut retarder le processus en prolongeant l’inflammation. Il faut donc se laver les mains avant de soigner la zone, préférer un savon au Ph neutre et ne pas toucher les croûtes qui peuvent se former.

Il faut également prendre soin d’hydrater la peau pour favoriser l’épithélialisation et réduire les croûtes épaisses. Il faut également être conscient que les zones très mobiles (articulations) ou épaisses (dos) cicatrisent plus lentement.

Si vous avez un doute sur la bonne cicatrisation de votre tatouage, n’hésitez pas à consulter les dermatologues du DermoMedicalCenter.

Quelles sont les complications après un tatouage ? 

L’apparition d’un érythème, de vésicules, d’un suintement et/ou d’un prurit intense doivent faire consulter le dermatologue. Il peut s’agir d’une infection cutanée du fait d’une mauvaise asepsie pendant ou après le tatouage, d’un eczéma de contact au produit cicatrisant.

Des problèmes liés à la réalisation du tatouage sont aussi possibles : un halo bleuâtre ou noir peut être pris pour un hématome mais il est persistant. Il s’agit d’une diffusion trop profonde de l’encre dans le derme.

Devant un tatouage qui ne cicatrise pas normalement dès le début, douloureux, croûteux, une infection peut être évoquée mais il peut aussi être induit par les aiguilles émoussées, ou par un tatouage trop travaillé. Dans le doute, l’application d’un topique antibiotique sera prescrite par le médecin.

Allergie à l’encre de tatouage

Cette complication peut survenir soit très peu de temps après la séance, soit de manière très tardive, parfois des années après. Certaines couleurs sont plus souvent impliquées : le rouge, rose et violet. L’allergie se traduit par des lésions à type de papules ou d’une induration et s’accompagne de démangeaisons importantes. Le traitement est souvent difficile et nécessite l’application et/ou de l’injection de corticoïdes, ou l’application de tacrolimus en topique en hors AMM. En cas d’échec, l’exérèse chirurgicale du tatouage ou sa destruction par laser CO2 ou NdYAG peut-être proposée (4).

Réactions granulomateuses

Elles sont plus fréquentes avec la couleur noire. Elles se traduisent par des papules ou des nodules récidivants Un bilan et une biospie sont nécessaires pour éliminer une sarcoïdose.

Techniques de détatouage : laser et autres solutions

On observe une augmentation du nombre de recherches sur le détatouage sur Google. (2)

Tatouage raté ou qui vieillit mal, regret tardif ? Les lasers de détatouage permettent aujourd’hui d’effacer le dessin indélébile. Il s’agit d’un acte médical, effectué par un professionnel de santé.

Le détatouage au laser est aujourd’hui la technique la plus répandue et la plus efficace pour éliminer un tatouage de manière sécurisée. Le laser émet des impulsions lumineuses de haute énergie à des longueurs d’onde spécifiques pour cibler les pigments d’encre déposés dans le derme.

Pour un détatouage rapide et sans cicatrices, le DermoMedicalCenter utilise le laser PicoWay dont la technologie de détatouage avancée repose sur des impulsions ultra-courtes en picosecondes, soit 1000 fois plus rapides. L’énergie lumineuse, concentrée en impulsions ultra-rapides, est absorbée par les particules d’encre dans le derme. Cela génère des ondes de choc qui brisent les pigments en fragments microscopiques. Ces microparticules sont ensuite plus facilement éliminées par les macrophages et le système lymphatique.

Technique particulièrement appréciée pour son efficacité sur une large gamme de couleurs de pigments et pour sa capacité à minimiser les dommages aux tissus environnants, elle nécessite cependant plusieurs séances pour un détatouage complet.

Les autres solutions sont soit obsolètes, soit risquées, soit inefficaces.

Sources :

(1) Kluger N, Misery L, Seité S, Taieb C. Tattooing : A national survey in the general population of France. J Am Acad Dermatol 2019 ; 81(2) : 607-10

(2)  Kluger N. Global interest in tattoos in decline while interest in tattoo removal is on the rise. Ann Dermatol Venereol 2025 ; 152(2) : 103349.

(3) Nicolas KLUGER.Tatouages : quels conseils donner au patient ? Dermatologie pratique 2025 ;

(4) 11. Kluger N. Réactions dites « allergiques » aux tatouages : prise en charge et algorithme thérapeutique. Ann Dermatol Venereol 2016 ; 143 : 436-45


Partager cet article sur     Twitter   Facebook

Dans la même catégorie