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Acné et soleil : comprendre l’effet rebond et protéger sa peau

Par notre Dermatologue Dr Nadine Pomarède | Mis à jour le 24 septembre 2025 | Une belle peau

S’exposer au soleil pour se débarrasser de ses boutons est une mauvaise idée. En réalité, UV et acné ne font pas bon ménage. Pour éviter une aggravation, mieux vaut se protéger correctement et privilégier des solutions médicales adaptées.

Pourquoi le soleil améliore-t-il (momentanément) l’acné ?

Pendant l’été, l’acné semble avoir disparu, ou au moins s’être améliorée. En effet, les rayons ultraviolets ont une action antibactérienne quiréduit la prolifération de Propionibacterium acnes, la bactérie associée à l’acné. Le soleil diminue également la production de sébum en asséchant la peau, ce qui réduit à court terme l’obstruction des pores et les microkystes. Enfin, les UV épaississent la peau (c’est un mécanisme de défense) et les microkystes, les papules et pustules inflammatoires sont donc moins visibles. Tous ces mécanismes concourent à une amélioration transitoire des peaux acnéiques.

L’effet rebond : quand et pourquoi les boutons reviennent-ils ?

La mauvaise nouvelle, et le retour de l’acné 2 à 8 semaines après l’exposition au soleil. Cet effet rebond de l’acné est la conséquence de plusieurs phénomènes : après le retour du soleil, la peau se désépaissit, les microkystes s’enflamment et provoquent des papules et des pustules.

De plus, l’assèchement initial de la peau par le soleil déclenche une réponse compensatoire des glandes sébacées qui produisent plus de sébum pour rétablir l’hydratation comme l’explique une étude parue en 2025 dans le Journal of Investigative Dermatology. (1) Ce surplus de sébum a du mal à s’évacuer et la rétention de sébum dans le follicule pilo-sébacé favorise l’apparition de nouveaux boutons.

Les risques cachés : cicatrices, taches brunes, vieillissement

D’autres effets toxiques à l’exposition solaire sont possibles comme l’indique une étude parue dans la revue scientifique Toxicology and Applied Pharmacology (2). Ainsi, le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire des lésions d’acné est un phénomène fréquent pour les peaux acnéiques exposées au soleil, surtout les plus foncées. Avec une surproduction de mélanine et le pigment responsable de la couleur de la peau, des taches brunes apparaissent au bout d’une semaine environ d’exposition sur les des lésions acnéiques guéries.

Les cicatrices d’acné, en particulier celles en creux témoignent d’un remaniement du derme. Les patients sont parfois gênés des années après la fin de leur acné par ces cicatrices en creux car ils ont l’impression qu’elles sont de nouveau plus visibles. Effectivement, la perte de fermeté liée à l’âge fait aussi ressortir les défauts de surface et les marques d’acné sont donc une préoccupation avec le temps. D’où la nécessité de recourir aux techniques de stimulation du collagène comme le laser Fotona ou le laser Picoway pour améliorer le micro relief et lisser les signes laissés par l’acné.  

Les bons gestes avant, pendant et après l’exposition

Le meilleur ami d’une peau acnéique pendant l’été, c’est la protection solaire. Découvrez notre guide pour savoir comment bien choisir son produit solaire de l’été. Vous pouvez également en parler à votre dermatologue qui vous conseillera une crème non acnégène et non comédogène, à large spectre (UVA/UVB) avec un SPF 50. Elle est à appliquer environ trente minutes avant l’exposition solaire.

A la plage ou au bord de la piscine, on fuit le soleil entre 10h et 16h, lorsque les UV sont les plus intenses. Pensez également à remettre de la crème toutes les 2 heures, après avoir nagé, transpiré ou vous être essuyé. Si vous ne pouvez pas vous mettre à l’ombre, munissez-vous d’une casquette ou d’un chapeau.

Après l’exposition, il faut éliminer sur le visage la sueur, le sébum et les résidus de la crème solaire grâce à un double nettoyage non agressif.

Adapter son traitement anti-acné en été

Il est aussi indispensable de réévaluer son traitement et sa routine cosmétique avant l’exposition au soleil. De fait, la majorité des traitements anti acnéiques sont suspendus pendant l’exposition soit parce qu’ils sont irritants ou photosensibilisants. Seuls les produits topiques à base d’antibiotique peuvent être utilisés pour sécher les lésions inflammatoires.

On arrête également tous les cosmétiques exfoliants à base d’’acide salicylique ou glycolique. On opte pour une crème hydratante non comédogène à base de niacinamide ou d’acide hyaluronique, ingrédients qui apaisent la barrière cutanée sans être occlusifs avec une texture légère.

Pour éviter l’hyperpigmentation des cicatrices d’acné au soleil, on peut intégrer des cosmétiques dépigmentants dans sa routine tels que l’acide azélaïque, la vitamine C ou la niacinamide.

Enfin, pour les peaux grasses, choisissent un produit non comédogène, de préférence avec un toucher sec, avec une texture fluide ou en gel.

Médicaments photosensibilisants : précautions

Pour éviter des réactions cutanées, il est important d’identifier les médicaments anti acnéiques photosensibilisants tels que les antibiotiques oraux qui provoquent des réactions photoallergiques ou phototoxiques et l’Isotrétinoïne qui augmente la vulnérabilité de la peau aux UV. Il faut aussi être vigilant avec les produits topiques tels que le peroxyde de benzoyle ou les rétinoïdes locaux.

En cas de doute, on demande à son dermatologue ou au pharmacien. Il est aussi possible de de consulter les notices des médicaments pour les mentions de « photosensibilité » ou « éviter l’exposition solaire » ou la liste des photosensibilisants publiés par la Société Français de dermatologie (3).

Quand consulter son dermatologue ?

Avant de partir, pour connaître les causes de votre acné du visage et évaluer les ajustements nécessaires de votre traitement, et dès le retour des vacances pour éviter une poussée ou bien pour gérer l’effet rebond. Votre dermatologue  vous conseillera sur les alternatives de traitement non photosensibilisantes, vous informera sur ladurée de photosensibilité de vos médicaments ou sur la routine de soin spécifique à adopter pendant cette période.

Au retour des vacances, le dermatologue ré évalue le traitement si nécessaire. Le retour du soleil, c’est aussi la bonne période pour faire un nettoyage de peau dermatologique afin d’éliminer les microkystes qui sont des bombes à retardement.

Le retour du soleil c’est aussi le moment de traiter les cicatrices du visage,  soit par des peeling superficiels ou peeling moyen au TCA ou les soins de microneedling ,du laser Picoway resolve ou des séances de laser Fotona.

Mythes fréquents sur “le soleil qui guérit l’acné”

Le soleil élimine l’acné en asséchant la peau

Oui mais l’effet est temporaire car l’assèchement initial va ensuite stimuler une surproduction compensatoire de sébum par les glandes sébacées. Donc, non le soleil ne guérit pas l’acné, il masque temporairement les symptômes et augmente le risque d’obstruction des pores et d’inflammation à long terme.

Le bronzage améliore l’apparence de la peau

Le bronzage peut masquer les rougeurs et les imperfections liées à l’acné, donnant l’illusion d’un teint plus homogène. Mais le bronzage ne traite pas la cause sous-jacente de l’acné. C’est une illusion esthétique temporaire qui aggrave les marques d’acné et augmente les risques de dommages cutanés à long terme, comme le photo-vieillissement ou les cancers cutanés.

Le soleil est plus efficace que les médicaments pour guérir les boutons

L’effet rebond de l’exposition au soleil aggrave l’acné et n’est pas une solution thérapeutique contrairement aux traitements supervisés par un dermatologue.

Nos conseils de dermatologues

Pour trouver des solutions efficaces et pérennes, le dermatologue propose des traitements topiques (crèmes, lotions) et/ou par voie orale adaptés à la sévérité de l’acné, associés à des recommandations de soins cosmétiques. Ceux-ci sont destinés à des peaux souvent fragiles pour ne pas « décaper » leur épiderme.

Le traitement des cicatrices doit être concomitant au traitement des lésions inflammatoires et/ou microkystiques car l’acné laisse très souvent des marques, y compris lorsqu’elle est modérée.

Le soleil peut-il “sécher” définitivement les boutons ?

L’amélioration est temporaire et illusoire avec des conséquences potentiellement aggravantes. Mieux vaut éviter le soleil, utiliser des écrans solaires et suivre un traitement dermatologue adapté.

Quelle crème solaire si j’utilise des produits topiques contenant des rétinoïdes ?

On recommande d’arrêter les rétinoïdes y compris topiques pendant la période d’exposition car ils assèchent, irritent la peau et la rendent donc plus sensibles à l’exposition solaire.

Comment éviter les taches sur cicatrices ?

L’hyperpigmentation post-inflammatoire est fréquente sur les peaux acnéiques. D’où la nécessité de protéger rigoureusement sa peau du soleil avec un écran solaire à large spectre et en portant un chapeau à large bord. Il est également nécessaire de consulter un dermatologue rapidement pour réduire les rougeurs ou les taches pigmentées avec un traitement sur mesure.

Sources :

  • Yangfan Lai, Mengjie Fan, Xiao Yao Fang, Jin Chen, Leihong Flora Xiang, Ying Ma, Progress on Multi Omics Research on Acne Vulgaris, Journal of Investigative Dermatology, Volume 145, Issue 9, September 2025, Pages 2162-2169
  • Matsumura, Yasuhiro, Honnavara N Ananthaswamy,  Toxicology and Applied Pharmacology  Toxic effects of ultraviolet radiation on the skin, Volume 195, Issue 3, 15 March 2004, Pages 298-308
  • Photosensibilisation : Liste originale des photosensibilisants, Barbaud  Annick, Service de dermatologie, Hôpitaux Brabois, CHU Nancy, Tréchot Philippe, Service de pharmacologie clinique et CRPV, CHU Nancy, Béani Jean-Claude, Service de dermatologie, CHU Grenoble, mai 2011

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