Pourquoi la pilosité au visage augmente chez les femmes ménopausées ?

Par Véronique, validé par notre dermatologue Dr Nadine Pomarède | 13 février 2024 | Une belle peau

L’arrivée de la ménopause apporte son lot de désagréments gênants et inconfortables. Parmi ces bouleversements provoqués par des perturbations hormonales, certaines femmes de 50 ans découvrent des poils sur leur menton ou un duvet sur leur visage. D’où vient cette pilosité soudaine et comment y remédier ? Explications. 

Pourquoi la pilosité sur le visage augmente avec l’âge ?

Pour comprendre pourquoi un duvet peut apparaître sur le visage d’une femme ménopausée, il faut avant tout prendre en compte le rôle crucial des hormones sur les transformations physiologiques liées à la ménopause.

En effet, cette phase biologique naturelle qui survient généralement entre 45 et 55 ans est caractérisée par l’arrêt naturel des menstruations et la baisse des niveaux d’hormones ovariennes, la progestérone et les œstrogènes.

Impact hormonal de la ménopause

Au moment de la ménopause, cette carence en œstrogènes entraîne une augmentation des taux d’androgènes (des hormones mâles) provoquant une hyperandrogénie, c’est-à-dire une perturbation hormonale de la sécrétion sébacée et du système pileux. C’est la raison pour laquelle certaines femmes remarquent une augmentation de leur pilosité sur le visage, particulièrement au niveau du menton ou de la lèvre supérieure.

Dans certains cas, cette production excessive d’androgènes peut entraîner une alopécie, c’est-à-dire une de perte des poils du corps ou au contraire, de l’hirsutisme avec l’apparition anormale de poils épais et drus dans des zones « masculines » (visage, poitrine, bas-ventre, dos, fesses etc.)

Ce désordre hormonal est en fait très courant et ne provoque pas uniquement une hyper pilosité. D’ailleurs, 87% des femmes ressentent au moins un symptôme (en plus de l’arrêt des règles) durant cette période indique l’Inserm. Ces troubles climatériques, c’est-à-dire les manifestations qui accompagnent les modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne varient, des bouffées de chaleur à la sécheresse vaginale en passant par le vieillissement cutané.

En effet, la peau est une autre victime de la diminution des taux d’œstrogènes : le collagène, protéine naturellement produite par le corps pour renforcer la peau et l’élastine, protéine responsable de son élasticité, s’amenuisent. La peau perd donc de sa souplesse, s’assèche et s’affine.

Facteurs génétiques

Le déséquilibre hormonal n’est pas le seul responsable de ce duvet qui apparait sur le visage d’une femme ménopausée. Cette pilosité excessive peut être également liée à des prédispositions génétiques.

En effet, l’hyper pilosité touche davantage les femmes originaires des pays méditerranéens, du Moyen-Orient ou du sud de l’Asie. De même, si l’hirsutisme est déjà présent dans une famille, les follicules pileux de ces femmes seront plus d’autant plus sensibles aux taux d’androgènes, notamment pendant la ménopause.

Solutions médicales et traitements

Si, chaque matin, vous traquez les poils de votre menton ou de votre visage, il est temps de consulter un médecin car vous aggravez progressivement le problème avec la pousse de poils plus épais et une pilosité qui augmente. Des traitements médicaux et des techniques pour gérer cet excès de pilosité.

Consultation avec un dermatologue

Lors d’une consultation préalable, le dermatologue explique les traitements les plus adaptés pour lutter contre les poils disgracieux, avec la remise d’un devis et d’un consentement éclairé.

Traitements hormonaux et alternatives

Le traitement hormonal substitutif (THS) prescrit par le gynécologue, en l’absence de contre-indications, peut aider à limiter l’apparition de nouveaux poils.  Le THS reste le traitement le plus indiqué pour lutter contre les autres symptômes de la ménopause  et le vieillissement cutané qui l’accompagne.

Le but du THS est de pallier au déficit d’hormones qui survient avec la ménopause en administrant, par voie percutanée ou transdermique, des estrogènes associés à de la progestérone (pour diminuer le risque de cancer de l’utérus).

Les recommandations officielles préconisent un traitement dans les 10 ans suivant le début de la ménopause (au mieux dans les 5 ans). Il doit être prescrit pendant la durée des symptômes avec une dose réévaluée annuellement.

A l’heure actuelle, moins de 6% des femmes ménopausées suivent un traitement hormonal substitutif recommandé par la Haute Autorité de la Santé. Un manque d’engouement qui s’explique sans doute par les inquiétudes soulevées dans l’étude WHI parue en 2002 : l’analyse affirmait que ce type de traitement entraînait une augmentation significative de certaines pathologies comme les accidents vasculaires cérébraux.

Or, cette étude, aujourd’hui controversée, avait été réalisée auprès de femmes de 63 ans en moyenne, majoritairement ménopausées depuis plus de 10 ans : 2/3 étaient en surpoids, 1/3 d’obèses. Un échantillon inadapté expliquant ainsi la fréquence des AVC chez les femmes traitées.

Depuis 2020, toutes les sociétés savantes de ménopause s’accordent sur les bénéfices du THM chez les femmes de 50 à 60 ans (ou de moins de 10 ans de ménopause) en l’absence de contre-indications.

Techniques d’épilation recommandées

Aux DermoMedicalCenter, nous pratiquons l’épilation laser et l’épilation électrique qui éliminent efficacement les poils disgracieux du visage après 50 ans.

L’épilation laser du visage  est une technique qui a pour cible la mélanine du poil. Elle n’est possible que tour celles qui ont encore des poils pigmentés. L’épilation laser est possible pour les pour foncées ou noires grâce au laser Nd Yag. Le nombre de séances est estimé lors de la remise du devis et du consentement éclairé.

L’épilation électrique est utile pour toutes celles qui présentent des poils pour les poils clairs ou blancs. Elle est aussi progressivement définitive.

Solutions naturelles et préventions

En prévention ou pour entretenir les résultats obtenus avec l’épilation laser et/ou électrique, le médecin peut également vous prescrire une crème à base d’éflornithine, un traitement local à appliquer deux fois par jour qui ralentit la pousse du poil et permet ainsi d’allonger le délai entre les séances épilatoires.

En revanche, il n’existe pas de solution miracle ou de remèdes naturels pour freiner la pilosité provoquée par la ménopause. En effet, à l’heure actuelle, aucune donnée scientifique ne prouve que l’acupuncture, les huiles essentielles, les compléments alimentaires ou la phytothérapie soient efficaces.


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Véronique Michelan

Rédactrice experte santé

Passionnée par la santé et les solutions beauté bio et naturelles, Véronique a créé son propre blog pour mettre ses connaissances et découvertes à disposition de tous et toutes. Véronique rédige des contenus santé depuis 2 ans pour DermoMedical Center, avec l'aide de l'équipe médicale du centre."

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