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Comment bien choisir son produit solaire cet été ?

Par notre Dermatologue Dr Nadine Pomarède | Mis à jour le 4 septembre 2025 | Cosmétologie

Certes, le soleil a une action bénéfique sur le moral car il stimule la production de sérotonine et de dopamine. Mais les rayons ultraviolets sont aussi néfastes pour la peau si on ne la protège pas correctement. Pour conserver une belle peau et protéger votre santé, les bonnes règles de protection solaire doivent être respectées.

Pourquoi est-il essentiel de se protéger la peau du soleil ?

L’exposition aux rayons ultraviolets (UV) du soleil entraîne de vrais dommages à court et à long terme sur la peau avec, a minima, des  taches sur le visage. Même si on sait comment effacer des lentigos solaires à grâce à des séances de peeling superficiel aux acides de fruit  de traitement par laser Picoway, les progrès de la médecine esthétique ne doivent pas empêcher de se protéger du soleil. Avec des risques avérés de cancers de la peau, la photoprotection est la solution adaptée pour lutter contre les effets néfastes des UV.

Éviter le coup de soleil en appliquant correctement son produit solaire

Le coup de soleil ou érythème solaire est induit par une surexposition au rayonnement UV, essentiellement aux rayons UVB. Il se traduit par un érythème plus ou moins important, parfois violacé et accompagné d’un œdème voire de cloques jusqu’au décollement bulleux en cas de coup de soleil grave.

Lors du coup de soleil, certaines cellules cutanées meurent (sunburn cells) et sont éliminées : c’est le phénomène de desquamation que l’on observe à la fin du processus de l’érythème solaire.  Ces dommages cutanés aigus et répétés augmentent le stress oxydatif et les dommages cellulaires, altèrent la barrière cutanée et augmentent le risque de complications à long terme. En effet, les cellules cutanées, notamment les kératinocytes subissent lors de chaque coup de soleil des modifications, notamment au niveau de l’ADN de leurs noyaux qui, s’accumulent au fur et à mesure des expositions solaires et peuvent induire à terme des cancers cutanés.
C’est la raison pour laquelle il est important d’éviter les coups de soleil dans l’enfance et l’adolescence. L’application toutes les deux heures d’un produit solaire avec un SPF adapté à son phototype et à l’index UV du lieu où l’on se trouve prévient le coup de soleil.

Se protéger du vieillissement cutané prématuré

L’exposition solaire est le facteur n°1 de vieillissement de la peau : on estime que le photo-vieillissement est responsable d’environ 80 % du vieillissement visible de la peau, notamment sur le visage, les mains et le décolleté. Le vieillissement photo-induit ou héliodermie est le résultat de l’exposition solaire cumulée depuis l’enfance et l’adolescence. Il est lié à l’action synergique des UVB et surtout des UVA qui pénètrent profondément dans la peau, altèrent les cellules de l’épiderme et du derme (kératinocytes, fibroblastes) et dégradent le collagène et l’élastine du derme via les radicaux libres et le stress oxydant. Ce vieillissement photo-induit entraîne une perte d’élasticité, des rides, des taches pigmentaires et une texture cutanée irrégulière. Pourtant, une étude parue dans les  Annals of Internal Medicine (1)a démontré qu’appliquer quotidiennement un écran solaire à large spectre (SPF 15) pouvait réduire le vieillissement cutané de 24 % par rapport à une utilisation discrétionnaire.

Réduire le risque de cancers cutanés

Le rayonnement UV est classé cancérogène pour l’homme depuis 2009 par l’OMS.

Selon Santé Publique,(2) les cancers de la peau pourraient devenir le cancer le plus fréquent en France. Dans plus de 85% des cas, ils sont dû à une exposition excessive aux ultraviolets naturels ou artificiels. Chaque année, entre 141 200 et 243 500 cas sont diagnostiqués en France.

Il faut donc se méfier des rayons UVA et UVB qui endommagent l’ADN des cellules cutanées, déclenchent des mutations et qui peuvent conduire à des cancers cutanés, tels que le mélanome, le carcinome basocellulaire et le carcinome spinocellulaire. L’application systématique d’un produit solaire lors des expositions doit être inculquée dès l’enfance car les coups de soleil dans l’enfance augmentent significativement le risque de cancers cutanés à l’âge adulte.

Bien choisir sa crème solaire : les critères à respecter ?

Le choix de sa protection solaire se fait en fonction de son phototype. Plus la peau est claire et sensible (phototype 1), plus l’indice de protection de la crème solaire doit être élevé (50+). Les peaux plus foncées, bien que moins vulnérables, ne doivent pas faire l’impasse sur la crème solaire. En ce qui les concerne, l’indice de protection pourra être plus faible (30 au minimum pour les premières expositions). Mais elle reste absolument nécessaire.

Choisir son produit solaire en fonction de l’indice UV

Le choix du SPF doit aussi se faire en fonction des conditions solaires (indice UV) de l’endroit où l’on réside ou part en vacances. L’indice UV détermine l’importance du rayonnement UV en fonction du lieu. On choisit un produit solaire avec un SPF (Sun Protector Factor) adapté à la dangerosité de l’indice UV (échelle de 1 à 11+). À partir d’un indice UV de 6-7, il faut se protéger du soleil. Selon que vous passiez vos vacances sous les tropiques ou en ville, adaptez le SPF de votre produit solaire

Exiger une photoprotection « large spectre » (UVA + UVB)

On distingue deux sortes de rayons ultraviolets : les UVB qui pénètrent l’épiderme, causent des dommages directs à l’ADN et sont responsables des coups de soleil et des cancers cutanés. Les UVA pénètrent plus profondément dans le derme, déclenchent un stress oxydatif et provoquent le vieillissement cutané et les photodermatoses. Ces UV sont nocifs, même par temps nuageux. Au moment de choisir, cherchez le logo UVA entouré d’un cercle (norme européenne) ou une mention explicite de protection UVA comme Protection UVA renforcée, PPD (Persistent Pigment Darkening) ou PA++++.

La protection à large spectre est indispensable pour réduire les cancers de la peau, protéger grains de beauté et tatouage et prévenir le vieillissement cutané. Une étude anglaise (3) montre que les écrans à large spectre réduisent significativement les lésions cutanées d’où l’importance de choisir un produit qui indique la mention « large spectre » ou « UVA/UVB protection ».

Ce que contiennent les protections solaires

Il y a deux types de filtres dans les produits solaires : les filtres organiques (chimiques) et les inorganiques (minéraux). Les filtres organiques absorbent les UV à haute énergie. Pour une protection à large spectre, il est nécessaire d’associer plusieurs filtres organiques qui doivent être photostables, et présenter une bonne tolérance cutanée.

Les filtres minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane), réfléchissent et diffusent les rayons UVA et UV et sont très bien tolérés. On reprochait aux écrans minéraux leur effet blanc sur la peau ; les nouvelles formulations avec des nanoparticules ont résolu ce problème. Et les études confirment que les nanoparticules restent dans la couche cornée et n’atteignent pas la circulation sanguine. (4) Les écrans minéraux sont à privilégier pour les enfants du fait de leur très bonne tolérance et de leur peu d’absorption percutanée.

En pratique, les formulations de produits solaires associent généralement des filtres organiques et minéraux pour une protection large, photostable, avec moins d’effet blanc, tout en diminuant la concentration de chaque filtre. Les formulations sont désormais enrichies avec des antioxydants et des enzymes de réparation de l’ADN afin de neutraliser les radicaux libres induits par l’exposition solaire.

Choisir l’indice FPS (ou SPF) du produit solaire en fonction de la sensibilité de sa peau au soleil

Nous ne sommes pas tous égaux face au soleil. Le SPF (Sun Protection Factor) indique le niveau de protection contre les UVB. Un SPF 30 bloque environ 97 % des UVB, et un SPF 50+ près de 98 %. Il faut également choisir votre indice en fonction de votre phototype.

  • Phototypes I et II (peau claire, très sensible) : SPF 50+ (très haute protection). Ces peaux nécessitent une protection maximale, surtout lors d’expositions prolongées ou en conditions ensoleillées intenses (plage, montagne).
  • Phototype III (peau claire, beige ou brun clair) : SPF 30 à 50 (haute à très haute protection). Une protection élevée est recommandée, surtout en début d’exposition. Un SPF 30 peut suffire pour des expositions courtes en fin d’été.
  • Phototypes IV et V (peau mate, méditerranéenne) : SPF 20 à 30 (protection moyenne à haute). Ces peaux tolèrent mieux le soleil, mais une protection reste nécessaire, surtout en cas d’exposition intense ou prolongée.
  • Phototype VI (peau foncée à noire): SPF 15 à 20 (protection basse à moyenne). Bien que la peau soit naturellement plus protégée, un SPF est recommandé pour prévenir les dommages à long terme.

Choisir la texture de son produit solaire en fonction de son type de peau

Un produit solaire se choisit également en fonction du type de peau pour éviter certains effets.  Ainsi, pour les peaux grasses/acnéiques, mieux vaut choisir une crème solaire testée non comédogène, à texture légère (gel, fluide) pour éviter l’obstruction des pores. Pour les peaux sèches, mieux vaut privilégier une formule hydratante tandis que les peaux sensibles opteront pour des crèmes hypoallergéniques, sans parfum ni alcool.

Vérifier la résistance à l’eau

Si vous pratiquez des activités aquatiques ou sportives, préférez une crème solaire résistante à l’eau. En effet, la sueur et l’eau réduisent l’efficacité des filtres solaires. Les formules résistantes à l’eau contiennent des agents filmogènes qui maintiennent la protection. Donc vérifiez la durée de résistance ( « water resistant 40 min » ou « 80 min »).

Utiliser une crème solaire spécifique pour ses enfants

On sait que l’exposition aux UV dans l’enfance peut avoir des conséquences sérieuses à l’âge adulte. Il est fortement recommandé d’utiliser une crème solaire spécifique pour les enfants, car leur peau est plus sensible, plus fine et donc plus vulnérable aux rayons UV. Ces écrans solaires sont souvent hypoallergéniques, sans parfum, et testés dermatologiquement pour minimiser les risques d’irritation. Privilégiez un produit à base de filtres minéraux comme l’oxyde de zinc moins irritants pour les petits, un indice de protection élevé SPF50+, à large spectre (UVA et UVB) et résistant à l’eau. Et pour les bébés de moins de 6 mois, les médecins recommandent d’éviter totalement l’exposition directe au soleil.

Bien conserver sa crème solaire pour pouvoir la réutiliser l’année suivante.

Il n’est pas recommandé d’utiliser un produit solaire entamé lors des dernières vacances car l’efficacité des filtres UV a pu s’altérer en séjournant au soleil.

Vous pouvez cependant examiner la date de péremption, imprimée sur l’emballage, (sous forme MM/AAAA) qui indique la durée de stabilité du produit non ouvert. La PAO (symbole de pot ouvert avec un nombre de mois, ex. « 12M ») indique combien de temps le produit reste stable après ouverture.

Pensez également à stocker le produit à l’abri de la lumière directe, dans un endroit frais et sec, idéalement à une température de 15-25 °C pour ne pas dégrader les filtres chimiques et les émulsions. Fermez soigneusement le bouchon après chaque utilisation pour éviter l’entrée d’air ou de contaminants.

Avant de réutiliser le produit, vérifiez sa texture (une huile flottante ou des grumeaux indiquent une dégradation), son odeur (un parfum inhabituel suggère une altération chimique) et sa couleur (un changement de couleur est un signe de dégradation).

Bien appliquer son produit solaire

Une photo protection efficace s’appuie sur une quantité suffisante de produit appliqué, une ré application toutes les deux heures. Pour cela, il est important de choisir un produit solaire cosmétique : non gras, toucher sec, sans aspect blanc. L’utilisation des App mobiles qui renseignent sur l’indice UV de la région où l’on se trouve peuvent aussi être utiles.

Ré-appliquer le produit solaire après chaque bain.

Le bain mais aussi la sudation et surtout le séchage éliminent une partie du produit solaire. Il faut donc ré-appliquer le produit solaire après chaque baignade.

La quantité recommandée est de 2 mg/cm² (environ 30 ml pour un adulte) car une application insuffisante réduit l’efficacité du SPF. Une étude danoise (5)a montré que la plupart des utilisateurs appliquent seulement 25-50 % de la quantité nécessaire. Pour avoir une idée de la quantité nécessaire pour une bonne protection : 1 doigt de crème protège son visage, 2 doigts pour couvrir un bras ou une jambe.

Ré-appliquer son produit solaire toutes les deux heures

La ré-application du produit solaire toutes les deux heures est nécessaire pour maintenir une protection efficace contre les UVA et UVB, y compris en utilisant un indice de protection élevé.

Appliquer la protection solaire surtout utilisée sur les grains de beauté

Les grains de beauté nécessitent protection solaire ciblée. En effet, les nævus sont des lésions pigmentées qui peuvent évoluer en mélanome. Les grains de beauté sont constitués également de mélanocytes (cellules productrices de pigments). Ils peuvent réagir en changeant de couleur, de taille ou de forme sous l’effet des UV. D’où l’importance d’appliquer une crème solaire à large spectre (UVA/UVB) avec un SPF 50+.

Mettre un produit solaire même quand on est bronzé(e)

Le produit solaire ne protège pas uniquement du coup de soleil : il limite le vieillissement photo induit et le risque de survenue de cancers cutanés. Par ailleurs, les phototypes clairs synthétisent une mélanine claire ( phéomélanine, peu protectrice par rapport aux phototypes foncés qui fabriquent une eumélanine plus protectrice. Donc, on continue d’appliquer son produit solaire jusqu’à la fin des vacances.

Protéger ses tatouages lors de l’exposition solaire

Les rayons UV, en particulier les UVA, dégradent les pigments d’encre des tatouages, surtout les couleurs vives (rouge, jaune, bleu) et les tatouages récents. Une exposition prolongée sans protection peut entraîner un flou, un ternissement ou une décoloration des motifs.

Plus globalement, la peau tatouée est plus sensible aux UV, car le processus de tatouage crée une légère cicatrice et altère la barrière cutanée. Les rayons UV peuvent provoquer des inflammations, des rougeurs ou des irritations, surtout sur un tatouage récent (moins de 3-4 semaines).

Et surtout, ne pas s’exposer entre 12h et 16h !

Ces heures représentent le pic d’intensité des rayons UV : le soleil est à son zénith, et les rayons UVB et UVA sont à leur maximum. Même après une courte exposition, la puissance des UV réduit l’efficacité de la protection solaire et augmente le risque de coup de soleil, de vieillissement cutané prématuré, de risque accru de cancers de la peau sans parler des coups de chaleur. On se met à l’ombre.

Les alternatives respectueuses de l’environnement

Certains actifs contenus dans les produits solaires peuvent avoir un impact négatif sur l’environnement, en particulier sur les écosystèmes marins.

Pour lutter contre cette écotoxicité, Il existe désormais des produits sans oxybenzone ni octinoxate, portant des labels comme « reef-friendly » ou « coral-safe ». On peut également préférer des crèmes certifiées biodégradables ou à base d’ingrédients naturels en prenant garde de bien les appliquer 15-20 minutes avant la baignade pour limiter la dispersion dans l’eau. Mais l’alternative la plus respectueuse de l’environnement reste les vêtements anti-UV et des chapeaux pour réduire la dépendance aux crèmes solaires.

Sources

  1. Maria Celia B. Hughes, MMedSciGail M. Williams, PhDPeter Baker, PhD, and Adèle C. Green, MBBS, PhD.Sunscreen and Prevention of Skin Aging: A Randomized Trial. Annals of Internal Medicine ; Volume 158, Number 11 https://doi.org/10.7326/0003-4819-158-11-201306040-00002
  2. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancers-de-la-peau
  3. S. SeitéA. FourtanierD. MoyalA.R. Young Photodamage to human skin by suberythemal exposure to solar ultraviolet radiation can be attenuated by sunscreens: a review https://doi.org/10.1111/j.1365-2133.2010.10018.x
  4. Focus sur la photo photoprotection :  infos clés sur les filtres solaires, les recommandations et les stratégies d’observance.  Dermactu mai juin 2025
  5. Bibi Petersen1Hans Christian Wulf. Application of sunscreen–theory and reality. Photodermatol Photoimmunol Photomed. 2014 Apr-Jun;30(2-3):96-101.

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